Accueil     Galerie d'Art     Artistes     Activités     Liens     Contact     Plan du site

Pour en savoir plus
sur nos activités…

 

Activités

  L’Art Imaginatif

  Article: La Mission
  de l’Art

  Atelier d’expression en
  Art Imaginatif

  Le Jardin Intérieur et
  les Vertus

  Conférence

 

 


Le désespoir de l’artiste

À partir du 19e siècle, les artistes ont beaucoup souffert car, la société devenant de plus en plus matérialiste, ils ne pouvaient plus manifester la quête d’absolu à laquelle leur sensibilité passionnée aspirait. Certains furent tentés de fuir dans des paradis artificiels (drogue, absinthe…), d’autres sombrèrent directement dans l’autodestruction. C’est le déchirement que vécurent nombre de romantiques comme Gérard de Nerval ou de préraphaélites comme Dante Gabriel Rossetti, ou encore, plus près de nous, Vincent Van Gogh. Ce désespoir du mystique ne parvenant plus à atteindre sa Muse a donné naissance au mythe de l’artiste ou du poète maudit.

Durant le 20e siècle, le matérialiste s’est accru considérablement, amplifiant cette souffrance. Pour y échapper, beaucoup d’artistes ont renié leur idéal. Certains se réfugièrent dans une rébellion permanente, produisant des œuvres volontairement anticonformistes et souvent désespérantes. C’est le cas, par exemple, d’artistes comme le cinéaste Jean-Luc Godard ou le compositeur Pierre Boulez.

D’autres, au contraire, se firent l’instrument du matérialisme, tel l’architecture Le Corbusier qui contribua à déshumaniser l’environnement par l’émergence des « grands ensembles ». Aujourd’hui, l’art encensé par les critiques est devenu destructeur. C’est le cas des peintures de Bacon, des « installations gore » qui reconstituent des scènes de crimes, des architectures qui n’expriment que la laideur ou le chaos comme celles de Rem Koolhaas, des concerts de bruits d’hélicoptères ou de « techno »… !

Le drame de l’artiste, aujourd’hui, c’est de continuer à se renier en n’essayant même plus de réaliser sa quête d’absolu. Ceci contribue à la mort de l’art et, du même coup, à la destruction de notre planète et de l’être humain. Pourtant l’artiste est porteur d’un puissant idéal de beauté et sa mission est de la manifester !

Modeler sa sensibilité entre 21 et 28 ans

La sensibilité est une qualité de cœur. Elle n’est pas une faiblesse comme beaucoup de croient dans une société où les qualités masculines (action, force, combativité, initiative…) sont surtout valorisées. La sensibilité est une force quand elle est bien développée. C’est entre 21 et 28 ans qu’un être humain peut raffiner sa sensibilité car c’est une tranche de vie où on est censé vivre toutes sortes d’expériences variées (voyages, relations, apprentissage, activités créatives…). Pour acquérir une sensibilité riche et nuancée, le jeune doit chercher à découvrir le monde sous différents aspects. Il expérimentera ainsi une palette de sensations, d’émotions, de sentiments, qui lui permettra peu à peu de discerner le beau du laid, ce qu’il aime ou pas, de décrire précisément ses impressions… Plus ses expériences sont vastes et diverses, plus sa sensibilité sera riche et nuancée. Pour développer correctement sa sensibilité, il ne faut pas écoute de la musique techno toute la journée, rester toujours avec les mêmes personnes, dans les mêmes ambiances.

En cela, une activité artistique peut être d’une grande aide à cet âge (et même plus tard d’ailleurs !). L’expression artistique s’adresse directement au sentiment et au cœur de l’individu, il le met en mouvement par toutes sortes de ressentis qui harmonisent et sculptent la sensibilité au beau et au bien. L’art permet au jeune de ne pas fermer son cœur mais au contraire il le guérit, le rend sensible aux souffrances des autres (compassion) et sensible à l’Invisible pour en être inspiré.

Associer pensée et ressenti : le défi de l’artiste contemporain

« Croyez-vous en Dieu ? » lui demanda-t-on. Gustave Moreau (1826-1898) répondit :

« Je ne crois qu’à lui seul. Je ne crois ni à ce que je touche, ni à ce que je vois. Je ne crois qu’à ce que je ne vois pas et uniquement à ce que je sens. Mon cerveau, ma raison me semblent éphémères et d’une réalité douteuse; mon sentiment intérieur seul me paraît éternel, incontestablement certain. »

Cette parole magnifique d’un peintre très inspiré du 19e siècle témoigne du fait que l’artiste de cette époque devait s’évader de sa pensée intellectuelle pour saisir les choses de l’Esprit avec son cœur.

Aujourd’hui, ce n’est souvent plus possible car, depuis le 20e siècle, notre pensée rigidifiée dans le matérialiste a fermé notre cœur à la perception de l’ineffaçable et donc à l’inspiration. La sensibilité de « l’artiste » moderne, qui est coupé du  spirituel, se limite en général aux émotions qu’il éprouve vis-à-vis du monde extérieur, et dans son œuvre il exprime plus souvent son mal-être et le chaos que de l’émerveillement ! S’il n’a pas de pensée suffisamment forte et individualisée, l’artiste, très sensible par définition, devient une poubelle « psychique » de l’inconscient collectif, épongeant tout le mal-être de notre société sans idéal ni héros ! L’art, à notre époque, ne passe donc pas seulement par le sentiment mais aussi par la pensée. Cependant, s’il veut s’élever au-dessus du quotidien afin d’y refléter ce qui est éternel et donc faire « œuvre d’art », l’artiste doit de surcroît spiritualiser sa pensée. Il doit se nourrir de lectures, de connaissances, d’idéaux qui lui rappellent la présence du spirituel dans l’invisible. Pour être un « artiste », le créateur moderne doit réfléchir  - mieux méditer  - sur des sujets qui touchent et reflètent la partie la plus élevée de son être, l’Esprit en lui. IL doit se questionner sur l’idéal qui dort au plus profond de lui, car c’est pour l’exprimer qu’il a reçu des dons. Alors, et alors seulement, sa pensée retournée vers la lumière peut pacifier son sentiment afin qu’il soit inspiré de sagesse et empreint d’harmonie.

 (page précédente)                                    (page suivante)